Manger crétois

Faut-il encore consommer des produits laitiers ?

Lait de vache poison

Les articles concernant la nocivité des produits laitiers se multiplient dans la presse et sur internet. Des lanceurs d’alerte et des médecins tels le Pr Henri Joyeux pointent également du doigt les effets néfastes, en particulier du lait de vache, sur notre santé. Alors peut-on continuer à consommer sereinement des produits laitiers ? Éléments de réponse.

« Je boirai du lait le jour où les vaches mangeront du raisin », assurait Jean Gabin sur les dialogues de Michel Audiard. Le pauvre homme s’en retournerait dans sa tombe s’il savait que de nos jours on tente de leur faire bouffer du marc de raisin. « Cela augmente la qualité du lait et la productivité » selon les chercheurs australiens responsables de cette expérimentation. La qualité du lait. Tu l’as dit bouffi ! S’il fallait gaver les malheureuses d’excréments pour les faire produire d’avantage, certains feraient la queue à la station d’épuration. Ce ne sont plus des vaches, mais des unités de production. Tu vas voir que bientôt on va leur greffer un hublot pour voir si tout marche à l’intérieur… Monde de fous tiens ! Mais je m’égare, revenons à nos moutons.  

Vous ne rêvez pas, ceci est bien une vache à hublot !

Vous ne rêvez pas, ceci est bien une vache à hublot !

Les origines du problème

Lorsque l’on s’attaque à ce lourd dossier qu’est la consommation de lait, on ne peut faire l’économie d’énumérer les arguments que l’on nous matraque à grand renfort de spots publicitaires et de publications en tout genre.
– Pour être en bonne santé, il faut consommer 3 produits laitiers par jour
– Le lait est nécessaire pour combler les besoins quotidiens en calcium
– Le lait apporte de l’énergie
– Le lait est nécessaire pour la croissance… etc.
Autant vous le dire tout de suite, ce ne sont là que des arguments commerciaux, dont la diffusion est largement financée par les puissants lobbies de l’industrie laitière. Ces campagnes visent davantage votre portefeuille que votre santé. Même si pendant l’enfance le lait maternel permet une croissance normale, l’homme reste le seul mammifère à consommer du lait à l’âge adulte.

Mais avec plus de 8 milliards de litres de lait qui sont produits chaque année en France, pour un chiffre d’affaires de près de 30 milliards d’euros (1), les industriels du lait sont prêts à vous en faire boire par les narines et même par les oreilles s’il le faut.

Le lait de vache… c’est pour les veaux

Nous avons tous consommé du lait pour grandir. Le lait maternel, celui destiné à alimenter bébé, contient ce qu’on appelle des facteurs de croissance. Au nombre de 7, ces molécules naturelles permettent la multiplication cellulaire et favorisent ainsi la croissance de bébé, le développement de son cerveau et au bout d’un an, il commence à marcher, reconnaître ses parents, à parler, jouer… etc.
Les facteurs de croissance présents dans le lait de vache ont le même rôle et permettent au veau de faire sa croissance. À une « petite » différence près : le petit veau va peser plus de 360 kg un après sa naissance ! Donc ces molécules d’origines bovines ne sont pas du tout adaptées à la morphologie humaine. Le lait de vache ne contient que 3 types de facteurs de croissance, qui eux sont essentiellement destinés au développement physique et musculaire de l’animal, mais dans une proportion colossale par rapport aux besoins humains. Vous devinez le problème. Ce lait est bien trop riche pour nous, être humains, qui ne sommes pas destinés à croître de 360 kg en un an.
Or, aujourd’hui des recherches(2) ont établi le lien entre les cancers et maladies auto-immunes (diabète de type 1, de la sclérose en plaques ou encore de la polyarthrite rhumatoïde… etc.) et la consommation de lait d’animaux trop grands, cela en raison des facteurs de croissance, notamment la molécule IG-F1 (3).

Il convient cependant de distinguer 2 problématiques bien différentes : l’intolérance au lactose et les dangers effectifs du lait pour la santé.

Lactose : diarrhée, nausées, vomissements et autres réjouissances

Les intolérants au lactose éprouvent une incapacité ou une difficulté à digérer le lactose, la protéine du lait, en raison d’une production insuffisante par leur organisme de lactase, l’enzyme digestive. Le lactose non digéré passe donc directement dans le gros intestin où des bactéries se chargent de le fermenter. Ce qui conduit à la formation de gaz et occasionne divers troubles digestifs tels que des ballonnements, flatulences, douleurs abdominales, crampes d’estomac, diarrhées ou coliques, nausées et vomissements. On estime tout de même qu’environ 75 % de la population mondiale adulte serait intolérants au lactose(4). Rien que ça !
Pour les personnes intolérantes au lactose, point de débat. Elles se tourneront vers des laits végétaux ou la consommation de fruits et légumes riches en calcium.
Songez tout de même que le calcium animal est absorbé au maximum par l’organisme à 40 %, donc 60 % sont évacués dans les déchets. Le calcium végétal est lui absorbé à 75 %.

Dans le régime crétois, point de lait de vache !

Est-ce là un des secrets de longévité des Crétois ? Au regard de ce que les recherches commencent à confirmer, cela est fort possible. En effet, le lait de vache est totalement absent du régime crétois traditionnel. Les produits laitiers consommés sont essentiellement issus du lait de chèvre ou de brebis. Consommé sous forme de lait, yaourts, et fromage frais, moins riches en graisses saturées que les fromages à pâte dure. Ces animaux étant moins gros que les vaches, on peut imaginer qu’il y a moins de facteurs de croissance. Cela explique peut-être en partie le faible taux de cancers et maladies auto-immunes.
Par contre, le taux de lactose du lait de chèvre et de brebis et sensiblement identique à celui du lait de vache. C’est pourquoi les personnes intolérantes au lactose devront également être prudentes avec les laits de chèvre et de brebis et leurs produits dérivés (yaourt, fromage… etc.). Par contre, pas de problème avec les fromages de chèvre et de brebis affinés : le lactose et les facteurs de croissance sont en effet dégradés pendant le processus de maturation. On n’en trouve donc plus dans la pâte.

Trouver l’équilibre entre plaisir et santé

Pour ma part, je consomme exclusivement du lait d’amandes, car je suis particulièrement sensible au lactose.
Mais je m’autorise du fromage blanc et yaourt de brebis que je digère plutôt bien. J’ai fait une croix définitive sur le lait de vache. Le fromage au lait de vache, quant à lui, peut être consommé (avec modération), cela m’arrive aussi de manière exceptionnelle.
Si votre consommation de lait est quotidienne et que vous souhaitez adopter le régime crétois, je ne saurai que vous conseiller de chercher l’alternative qui vous convient.

Références :
(1) source : cniel http://www.maison-du-lait.com/fr/chiffres-cles/filiere-laitiere-francaise-en-50-chiffres
(2)Kimura T, Murakawa Y, Ohno M, Ohtani S, Higaki K. Gastrointestinal absorption of recombinant human insulin-like growth factor-I in rats. J Pharmacol Exp Ther. 1997 Nov;283(2):611-8. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9353376

(3) Insulin-like Growth Factor 1
(4)  Pray WS. « Lactose intolerance: the norm among the world’s peoples » [archive] Am J Pharm Educ. 2000; 64:205-207.

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2 CommentairesLaisser un commentaire

  • Bonjour,

    Merci beaucoup pour cet article qui rappelle certains des effets délétères dûs à la consommation régulière de lait de vache : divers troubles digestifs consécutifs à l’intolérance au lactose et diverses maladies (cancers, maladies auto-immunes, etc.) dues entre autres à la quantité importante de facteurs de croissances contenus dans ce lait.

    En cause, certes, l’hormone de croissance IGF-1. Mais on peut également citer d’autres substances toxiques comme :

    – l’insuline bovine (susceptible de provoquer le diabète de type 1 chez les personnes génétiquement prédisposées)
    – les œstrogènes impliqués dans la baisse du taux de testostérone chez l’homme et l’endométriose chez la femme
    – l’albumine de sérum bovin impliquée dans la polyarthrite rhumatoïde
    – la xanthine oxydase susceptible d’endommager les artères
    – les casomorphines suspectées de déclencher asthme, allergies, anxiété et la dépression
    – les phtalates et le bisphénol A impliqués dans le surpoids, l’infertilité, l’endométriose et les cancers hormonaux

    Julien Venesson en parle d’ailleurs très bien dans son livre Paléo Nutrition.

    Pour ma part, j’ai complètement arrêté ma consommation de lait de vache depuis maintenant quelques années et les troubles digestifs que je ressentais, notamment de très fortes et fréquentes douleurs abdominales, ont depuis disparu. Je privilégie à présent la consommation de produits laitiers de chèvre ou de brebis (que je limite néanmoins) et de laits végétaux (soja, avoine, riz, amande, noisette)

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